Les Écorces

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Église St Jean-Baptiste

 

 » Un trio vibrant dans un étroit clocher «

Ce village comporte 710 habitants (recensement de 2015). Il a eu plusieurs noms avant Les Écorces: Les Escorces en 1701, Les Ecorces en 1530, Les Escoursses en 1478 et Les Escorces en 1339 , Première mention du village.

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Histoire du Village

Ce village n’a pas une histoire très chargée, ceci est  sûrement dû au manque de documentation. ce bourg ne reste cependant pas anodin de par sa hauteur. Oui, car depuis Maîche, Charquemont ou bien Frambouhans, nous voyons parfaitement bien l’église de très loin.

L’école communale, édifice construit par l’architecte Fallot en 1843, se situe en face de l’église.

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Histoire de l’Église

L’édifice actuel a été bâti en 1876 par l’architecte Bisontin Alfred DUCAT, plusieurs de ses œuvres sont visibles aujourd’hui, comme des églises, mairies, fontaines, lavoirs, haras ou encore la gare de la Mouillère à Besançon. L’église a été rebâtie au même emplacement que sa prédécesseure, à quelques mètres près, car elle a été reculée  pour aménager plus d’espace sur le parvis.
Le 20 Août 1877 on bénit la première pierre, les travaux sont réalisés par Pagnat, entrepreneur parisien, jusqu’en 1878, année où il cédera la place à Bohly, entrepreneur Rudipontain, qui finira la bâtisse.
L’entreprise  a connu des difficultés comme note le chanoine Alphonse Boillon :  » Un premier entrepreneur parisien dont la prétention et l’orgueil n’avaient d’égale que son incapacité, après nous avoir causé toutes sortes d’ennuis, a été contraint d’abandonner au bout de deux ans des travaux a peine commencés.  »
L’effort financier est considérable: 152’206 francs pour une communauté d’a peine 426 habitants.

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Les travaux seront achevés en 1881, Mgr Ducellier, Archevêque de Besançon, viendra le 13 Juin 1891 bénir et consacrer l’église. une plaque rappelle l’événement dans le chœur.
Le chemin de croix, les boiseries du chœur et de la sacristie compléteront le décor entre 1881 et 1890. Le chemin de croix date de 1881, réalisé par la Maison Pierson de Vaucouleurs. A l’origine, ses couleurs étaient plus vives, mais le temps passant, celles-ci s’assombrirent, malgré leur restauration en 1962. En 1889, Marcellin Baudiquez, de la célèbre famille d’ébénistes-menuisiers de Sancey, qui ont œuvré dans tant d’églises de la région, réalisa les bois du Chœur.

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Les autels collatéraux sont dédiés à Marie et à Joseph, ils se marient harmonieusement avec l’architecture néo-gothique de l’église. les soubassements de ceux-ci illustrent des scènes de la vie de Marie et Joseph. Rappelons à cet égard l’existence de l’importante confrérie de St Joseph érigée le 6 Juin 1678 aux Écorces.

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L’autel de gauche, dédié à Marie, la représente assistée de Sainte Catherine (roue) et Sainte Agathe (pince).

 

 

 

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L’autel de droite, dédié à Saint Joseph, le représente accompagné de Saint Pierre (clefs) et Saint Paul (épée)

 

 

Les vitraux datent eux de 1880. Ils ont été réalisés par l’atelier Champigneulle de Bar-le-Duc, il s’agit de peinture sur verre et non pas de vitraux fondus dans la masse. Ces vitraux Saints-Sulpiciens sont caractéristiques des vitraux de cette époque: ils mettent en valeur les dévotions des Saints populaires les plus en vogue à l’époque.
Tout naturellement Saint Jean-Baptiste occupe la place centrale au sein du Chœur puisque c’est le vocable de l’édifice. Une mention particulière doit être accordée aux Saint Ferréol et Ferjeux, qui sont les deux évangélisateurs de diocèse de Besançon.

 

 

Les orgues imposantes de l’église, le 18 novembre 1900, le premier grand orgue est réceptionné, cet instrument a été fabriqué par Henri Didier, facteur d’orgue à Épinal. En 1964, les orgues sont restaurées par Alfred Kern, facteur d’orgue à Strasbourg.
78 tuyaux en bois et 934 tuyaux en métal, soit 1012 tuyaux.

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La crise des inventaires de 1906 a frappé les Écorces le 6 mars 1906; après une première tentative le 15 février, le commissaire chargé de l’inventaire de l’église des Écorces, est accompagné de 25 gendarmes et 300 fantassins. Nul doute que le déploiement des forces de l’ordre est exagéré par le récit de l’abbé Boillon, pour mieux souligner l’injustice et l’iniquité d’une loi qu’il dénonce. Abbé très conservateur, connu, respecté de tous, et principal acteur de la construction de cet église, il repose au sein de l’édifice, et une plaque commémorative lui fait mémoire dans le chœur de l’édifice.

 

 

 

 

Histoire du Clocher

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C’est un clocher d’un style peu répandu dans la région, mais qui serait le plus haut du département. Ils se montre à nos yeux depuis de nombreux endroits. Restauré en 1981, ce clocher possède une horloge électro-mécanique Bodet, et 4 petit cadrans sont visibles sur les 4 faces.

 

 

 

 

Sous le porche nous n’avons pas la possibilité de voir les anciens trous des cordes pour les cloches. C’est un peu plus haut que nous pourrons les observer.

DSC_0398Les systèmes de lancement des cloches sont des appareils Bodet, simples d’utilisation. Eh oui, il y en a deux: un à la sacristie et l’autre en bas du premier escalier permettant l’accès à l’orgue et aux cloches. ils sont identiques, mais celui au pied de l’escalier est utilisé pour les sonneries aux morts, qui retentissent lors du décès d’un habitant, et remplace l’angélus jusqu’aux obsèques. C’est donc le sacristain qui vient procéder à cette sonnerie, et au vu de son emplacement plus proche de l’entrée de l’église que celui de la sacristie, cela permet d’économiser un peu de temps.

 

Acs aux Cloches

L’accès aux cloches se fait par un petit portillon menant à un escalier en colimaçon de 20 marches en bois, permettant d’accéder à la tribune de l’orgue. Ensuite nous prenons un deuxième escalier identique au précédent pour monter dans les combles de l’église, et là nous avons la possibilité de prendre 3 marche en pierre pour arriver devant l’horloge électro-mécanique. Noun empruntons ensuite un haut escalier penché de 40 marches, qui nous mène à un étage où sont placés les cadrans. Il nous reste à gravir un escalier droit de 25 marches pour arriver devant les dames de bronze.

 

 

Les Cloches

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Les cloches sont au nombre de trois, fondues par Perrin Martin. Ces dernières n’ont pas eu un bronze de qualité extraordinaire. Cependant ces trois dames, bien que baroques et différentes l’une de l’autre, donnent un magnifique Pater Noster qui n’est pas de mauvaise qualité lors du Plenum.

La grosse cloche est baroque, ses écritures sont de qualité et ses décors suffisants, une phrase plutôt drôle y a même été rédigée; je vous laisse la découvrir plus bas. Cloche en lancé-franc celle-ci se balance dans le sens inverse de ces deux sœurs; à cette époque, il semblait que certaines personnes pensaient que de faire sonner la grosse cloche dans un sens, et les autres dans l’autre sens, ne pouvait être que bénéfique et pour une meilleure stabilité. Il s’est avéré que cela a l’effet inverse, ceci n’est pas la meilleure installation pour la stabilité du clocher, mais rien de dangereux pour ce dernier qui est bien bâti.

La cloche moyenne, tout comme sa grande sœur, est une cloche baroque, ses écritures sont de qualité et ses décors suffisants. Celle-ci sonne en lancé-franc également, mais perpendiculairement, un étage plus haut, que sa grande sœur.

La petite, tout comme ses grandes sœurs, est également une cloche baroque, ses écritures sont de qualité et ses décors suffisants. Elle aussi sonne en lancé-franc, parallèlement à la cloche 2, au même étage que celle-ci.

Lors de l’étude des inscriptions, nous apprenons que cette cloche remplace une cloche de 1717 ou 1711, probablement fêlée, la date est incertaine, l’accès aux cloches du haut étant assez complexe, et lire dans le noir peut nous tromper.


Cloche 1

Je m’appelle Aimé Victorine, je chante le Ré3, pour un poids de 2500 Livres (poids inscrit sur la cloche) et 1270Kg (poids officiel) , avec un diamètre de 128,8cm.
J’ai été fondue par Perrin Martin à Robécourt Vosges en 1866.

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Description

Latin : Ego Vox clamantis in Deserto, dirigate Viam Domini. Vox Domini in Virtute, Vox Domini in Magnificentia. Ps 28, 4

Traduction : Je suis la Voix qui crie dans le désert, aplanissez le chemin du Seigneur. Jean 1, 23. La voix du Seigneur dans sa puissance, la Voix du Seigneur dans sa magnificence. Psaume 28,4.

Aimé Victorine je m’appelle j’ai pour parrain Mr Jbte (Jean Baptiste) Aime Morel Prêtre au Écorces et Maire de cette commune et pour marraine Madame Mélanie Victorine Petit épouse du parrain j’ai été bénite par Monsieur l’abbé Pierre Joseph François Xavier Bovin cure de la paroisse sous L’ADtion (L’addition) du dit Maire Mr Aime Morel de Mr l’adjoint Victor Mougin et de M.M (Messieurs) les conseillers Constantin Petit Louis Mougin Joseph Maillard Victor Jeannerot Zephirin Ligier Marcelin Nappez Justin Prieur et Charle Renaud

Monsieur l’abbé Charle Porteret étant cure Doyen à Maiche j’ai été fondu en Juin 1866

Deux mille et cinq cents je pèse
Si me croire tu ne veux
Descend-moi et me repèse
Si me descendre tu peux

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Signature : Faite à Robécourt (Vosges) par Perrin Martin en 1866

Note : Ré -11/100

 

 


Cloche 2

Je m’appelle Joséphine Agnès, je chante le Mi3, pour un poids de 893Kg, avec un diamètre de 114,5cm.
J’ai été fondue par Perrin Martin à Robécourt Vosges en 1866.

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Description

Latin : Verbum caro factum est et habitavit in nobis (verset de l’Angélus durant lequel on génuflecte). Vespere et Mane et Meredie narrabo et annuntiabo . Ps 54 : 18

Traduction : Le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous. Jean, 1, 14. Le soir, le matin et le milieu du jour, je dis et j’annonce. Psaume 54,18.

J’existe en remplacement d’une bonne con-sœur qui était filleul de Mr François Joseph Bouhelier Pre (Prêtre) aux Écorces et de Madame Anne Gabrielle Mairot son épouse et avait été bénite en Novembre 1824 par Mr Pourcellot cure à Maiche Mr ALer (Alexandre)Melchior Jacquot étant maire de la commune Joséphine Agnès je me nomme j’ai eu pour parrain Mr Joseph Ferreol (Alexande) Monnot

PRore (Propriétaire) aux Écorces et pour marraine Madame Anne Agnès Bouhelier son épouse et nièce des anciens parrains et marraines de l’ancienne cloche j’ai été bénite par Mr l’abbé Pgfx Boivin curé de la paroisse des Écorces M.M : et ME Morel et Victor Mougin et étant maire et adjoint de la commune j’ai été fondu en Juin 1866

 

 

Signature : Faite à Robécourt (Vosges) par Perrin Martin en 1866

Note : Mi -26/100


Cloche 3

Je m’appelle Caroline Juddith, je chante le Fa#3, pour un poids de 681Kg, avec un diamètre de 103,6cm.
J’ai été fondue par Perrin Martin à Robécourt Vosges en 1866.

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Description

Latin : Sonet Vox Tua in auribus meis : Vox enim Tua dulcis. Deus Scientiarum Dominus est. 1 Reg ; 2 : 3

Traduction : Ta voix résonne dans mes oreilles. Ta voix est douce. Cantique des Cantiques, 2, 14. Dieu est le Maître des Sciences. Premier livre de Samuel, 2, 3.

Je remplace une petite sœur qui avait eu pour parrain J.cl Mairot et pour marraine Catherine Romain Verdot et qui avait été bénite en 1717 ou 1711 sous l’administration paroissiale de Messirs J.F Mairot Prêtres tous les trois étant des Écorces.

Je m’appelle Caroline Juddith mon parrain à été Mr Charle Joseph Gaume et ma marraine Mademoiselle Marie Juddith Prieur l’un et l’autre PROPre (Proprietaires) aux Écorces j’ai été bénite sous l’administration municipale de M.M Aime Morel Maire de la commune et Victor Mougin adjoint par Mr l’abbé Pgfx Boivin curé de la paroisse j’ai été fondu en Juin 1866.

 

 

Signature : Faite à Robécourt (Vosges) par Perrin Martin en 1866

Note : Fa# -4/100


Reportage :

Note : Ce jour-là les plans placés n’étais pas les meilleurs possible et j’ai oublié d’activer une caméra, c’est pour cela qu’aucune vidéo ne parait pour le moment, je retournerai, grâce à la sympathie de la mairie refaire ma vidéo un jour de messe. Je vous laisse cependant écouter ce magnifique Plenum qui a été enregistré à l’étage inférieur des cloches, ce qui donne pas le plus bel enregistrement, mais il est correct, la pluie nous avait rejoints juste au moment de lancer le Plenum.

 

Remerciements:

Je remercie très sincèrement M. L.Rondot Maire de ce bourg pour son accord pour monter et faire sonner les cloches exceptionnellement, à mes amis S. Sellas, L. Masson et Mike « Quasimodo Sonneur de Cloches » qui m’ont accompagnés ce jour, ainsi que leur aide précieuse, ainsi que Dom  » Valdom68  » pour la correction de l’article, et Pascal Krafft grand campanologue pour la traduction des phrases en latin ainsi que leurs origines, mais aussi pour les poids officiels des cloches.

Soutenu par le village des Écorces

Reportage effectué le 09/06/2018 à 18h00
Le Sonneur Comtois

Mes Sources pour cet article :

Plaquette disponible dans l’église rédigée par : Jean-michel blanchot, avec le concours de l’Abbé Bruno Doucet, Michel Dard, Bernard et Louis Faivre et Frédéric Chopard.
De leur Source Archives Paroissiales des Écorces aux Archives Diocésaines de Besançon, Bulletin Municipaux, Archives Communales des Écorces, Archives Départementales du Doubs.

Cet article, et mes travaux, sont dédiés à ma famille et mes amis, habitant le village.